
|Marie Noëlie ?
Marie Bochet est également une autre que moi qui, contrairement à moi, skie à merveille.
Marie Roy est lui un nom si classique qu’il me procure quelques dizaines d’homonymes.
C’est donc mon second prénom, Noëlie, qui sera mon nom de famille pour l’écriture ! Noëlie est le prénom de mon arrière-grand-mère paternelle, née le jour de Noël 1901 et que j’eus le privilège de côtoyer jusque mes 17 ans.
|Par hasard j’écris.
L’écriture m’a happée en fin d’une adolescence difficilement négociée (nommons-là donc adolescence). Elle m’en a extraite : à force de m’interroger sur moi par les mots, ce sont les mots qui m’ont interrogée sur eux-mêmes. Ils ont pris vie dans la mienne, réduisant par leur bruit dans mes pensées celui de mes obsessions existentielles. Comment traduire au mieux un sentiment, comment écrire joliment un fait banal, ici un mot dérangeait le rythme de ses compagnons, là un autre me convainquait de l’y insérer, une idée appelait plus de douceur quand une autre réclamait moins de louvoiement. Les mots sont pour ainsi dire devenus des êtres auxquels je portais et porte toujours un profond respect, moi la scientifique qui ne connais rien à la littérature et ne lis jamais le moindre roman. Par hasard j’écris.
De tout j’aime les coulisses. C’est en coulisse que tout se bâtit et se décide, à l’ombre. C’est à l’ombre de leur enveloppe que les graines germent, c’est à l’ombre de nous que nos organes nous vivent, c’est aussi à l’ombre que deviennent les embryons. Nous fonctionnons d’ombre. Écrire c’est être dans l’ombre du texte, ses coulisses : là où les mots s’habillent, s’arrangent et se trouvent finalement suffisamment sûrs pour paraître sur scène, mais laissant toujours un doute.
Qu’est-ce qu’écrire si ce n’est chercher à questionner, là-bas, au loin, juste là, les pensées qui siègent à l’ombre… des yeux des lecteurs ?

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