Marie Noëlie, auteure

|Marie Noëlie ?

Je suis née Marie Bochet, devenue par la vie Marie Roy.
Marie Bochet est également une autre que moi qui, contrairement à moi, skie à merveille.
Marie Roy est lui un nom si classique qu’il me procure quelques dizaines d’homonymes.
C’est donc mon second prénom, Noëlie, qui sera mon nom de famille pour l’écriture ! Noëlie est le prénom de mon arrière-grand-mère paternelle, née le jour de Noël 1901 et que j’eus le privilège de côtoyer jusque mes 17 ans.

|Par hasard j’écris.

Née le 15 août 1982, j’ai vécu jusqu’à mes vingt ans dans l’Aisne, dans un petit village nommé Chéry-Lès-Pouilly. Entre 2005 et 2009, titulaire d’un diplôme d’ingénieur en Sciences de l’Alimentation, j’ai travaillé dans l’agro-alimentaire. M’y ennuyant formellement, et déjà mue par l’envie d’écrire comme de raconter les gens, je décidais, fin 2009, d’entreprendre une thèse en sociologie de l’alimentation. Cette thèse est restée à l’état d’idée, puisque quelques jours plus tard, en Bretagne, je rencontrais l’homme qui deviendrait mon mari et m’arrêterait là où je suis si bien depuis. En 2010, je créais une entreprise de cours de cuisine et suivi nutritionnel à domicile (Saveurs Vives). La naissance de notre troisième enfant en décembre 2017 m’incitait à devenir Maman à temps plein ou presque. C’est dans ce « presque » que se joue l’écriture d’aujourd’hui. Elle me passionne pourtant depuis bien longtemps.

L’écriture m’a happée en fin d’une adolescence difficilement négociée (nommons-là donc adolescence). Elle m’en a extraite : à force de m’interroger sur moi par les mots, ce sont les mots qui m’ont interrogée sur eux-mêmes. Ils ont pris vie dans la mienne, réduisant par leur bruit dans mes pensées celui de mes obsessions existentielles. Comment traduire au mieux un sentiment, comment écrire joliment un fait banal, ici un mot dérangeait le rythme de ses compagnons, là un autre me convainquait de l’y insérer, une idée appelait plus de douceur quand une autre réclamait moins de contournement. Les mots sont pour ainsi dire devenus des êtres auxquels je portais et porte toujours un respect profond, moi la scientifique qui ne connais rien à la littérature et ne lis jamais le moindre roman. Par hasard j’écris. J’écris à longueur de journée dans mes pensées, et, parfois, quand une idée me parait suffisamment finement traduite en mots, je la fige au papier.

De tout j’aime les coulisses. C’est en coulisse que tout se bâtit et se décide, à l’ombre. C’est à l’ombre de leur enveloppe que les graines germent, c’est à l’ombre d’une boîte crânienne que fonctionne le cerveau et à l’ombre d’une chambre que se révèlent les photos, c’est aussi à l’ombre que deviennent les bébés. Écrire c’est être dans l’ombre du texte, ses coulisses : là où les mots s’habillent, s’arrangent et se trouvent finalement suffisamment beaux et sûrs pour paraître sur scène.

Écrire est donc, sans se l’avouer vraiment, aussi, un acte de représentation qui s’expose aux regards. Je n’écris pas pour les regards, mais pour le plaisir. Cependant, au fond, pour quoi écrire sinon pour les regards ? Peut-être pour les pensées qui siègent derrière, à l’ombre… des yeux des lecteurs ?